A quelques jours de devenir nomade...

Entre stress et impatience, les tâches et la fatigue m'empêchent de réfléchir... et reculer. 
Les questions pleuvent, l'inquiétude est grande. C'est bien entendu pour mes enfants que je crains le plus. Vont-ils être heureux avec ce mode de vie ? Comment s'adapteront-ils aux changements quotidiens. Nous irons à la rencontre des familles qui ont les mêmes intérêts certes, mais qui seront néanmoins à chaque fois des inconnus.  

LE STRESS, de tout terminer, vider cet appartement, faire les papiers du véhicule, organiser les rencontres, échanger les mails avec les dizaines d'intervenants, penser à "telle personne m'a dit ceci, et cette personne m'a donné cette information cruciale". Les signes sont évidents, je cumule les crises d'angoisse et les insomnies, je ressasse ma liste de tâches à accomplir encore avant le grand départ, une copine me link son dernier remède miracle contre l'anxiété, je tombe malade... OUAIS ! Je crois que je suis carrément sous pression... 

L'IMPATIENCE néanmoins... de partir ENFIN. Je relisais il y a quelques jours des échanges que j'ai eu avec un couple, des connaissances plus que des amis, mais qui avaient quitté Bruxelles pour se perdre dans les montagnes pyrénéennes. C'était il y a 5 ans exactement, et je leur posais des questions sur leur cheminement. Je leur confiais notre envie, déjà à cette époque, de partir vivre en pleine nature, de quitter la ville, de s'échapper. En relisant mes lignes, je réalisais que nous étouffions déjà. Alors ce départ, ce gros saut dans l'inconnu, dans l'extrême opposé de ce que nous vivons aujourd'hui, il est nécessaire. Presque obligatoire.  Nous somme arrivés à ce moment où nous n'avons plus le choix.

Il nous faut partir. C'est maintenant, ou nous ne le ferons jamais, et je sais que ce sera alors notre plus grand regret.

Et puis il y a ... LA NOSTALGIE. Déjà... Quitter cet appartement bruxellois, que j'aime malgré la situation, malgré ce quartier qui n'a que peu de choses à nous offrir. Cet appartement qui a vu grandir mes 3 enfants, (Arthur n'avait que 8 mois lorsque nous avons emménagé ici) et où j'ai donné naissance à nos deux derniers. 

Olivia, bébé née endormie, dans notre salon, à 22H15 lors d'une soirée d'été chaude et calme. Poussées béates,  naissance les yeux clos, aucun cri, juste le son de nos voix émue et excitée à sa découverte "Oh mon Dieu, qu'elle est belle, mais qu'elle est belle !". 
Ce sentiment de gratitude aussi, d'avoir vécu cette naissance d'une façon si simple et si incroyable à la fois.



Et Eliott, mon bébé né coiffé, aux lueurs oranges du matin. Né fâché, d'avoir eu tant de mal à arriver. Accouchement comme je n'en ai jamais entendu de pareils, et que j'essaie encore aujourd'hui de comprendre.

C'est fort, ce que nous laissons ici. Pour beaucoup, ça n'a probablement que peu d'importance, pour moi, ce sont les plus beaux moments de ma vie.  Notre petit nid bruxellois... où nous avons tant créé, rêvé, imaginé et... concrétisé. Notre QG avant cette grande mission. 

"En route pour la naissance respectée", c'est un peu comme un nouveau bébé qui s'apprête à naître. On le connait déjà si bien, et il est à la fois l'inconnu. Serons-nous la hauteur de nos promesses ? Allons-nous atteindre nos objectifs ? 

Nous n'avons plus le choix à présent, que de plonger. Nous ne pouvons plus reculer, et il y a de plus en plus de monde derrière nous, derrière ce projet. J'ai peur de décevoir, mais au fond, tout au fond, cette voix me dit que "ça ira". 

J'ai peur, j'ai hâte... Ca ira.